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Acte1
La vengeance
A
Milan, sur la place de la Cathédrale Saint-Ambroise
Une
musique joyeuse se fait entendre à
l'intérieur de l'édifice sacré. Ainsi
que nous l'apprenons, grâce aux propos
échangés par la foule, on donne un service
d'action de grâces pour fêter la
réconciliation d'Arvino et de Pagano, tous deux fils du
seigneur Folco et, naguère prétendants
à la main de la belle Viclinda ; C'est Arvino qui l'a
emporté. Soupirant éconduit, Pagano a
tenté d'assassiner son frère, ce qui lui a valu
plusieurs années d'exil. Apparemment revenu à de
meilleurs sentiments, il a été
autorisé à rentrer au pays. Mais tandis qu'il
embrasse son rival, les assistants et Arvino lui-même
s'interrogent sur la sincérité de son repentir.
Seules Viclinda, femme d'Arvino et Giselda, fille de ce dernier,
manifestent un enthousiasme sans mélanges.
Arrivée d'un prieur avec des nouvelles de la croisade
prêchée par Pierre l'Ermite pour la
délivrance de Jérusalem. Arvino a
été proclamé chef des
Croisés lombards. Pagano ne tarde pas à nous
éclairer sue ses véritables sentiments. Tandis
qu'un choeur de religieuses demande au Seigneur d'inspirer la paix aux
hommes, il se moque de l'inutilité d'une telle
prière et ironise sur son prétendu repentir
après toutes les souffrances qu'i a endurées. Il
confie à Pirro, écuyer de son frère,
sa ferme intention de s'approprier Viclinda. Tout prêt
à l'aider ; Pirro se fait fort d'utiliser, le moment venu,
une bande d'assassins en puissance qui se tient à sa
disposition. C'est là qu'intervient le choeur des sicaires,
personnages intrépides, du moins s'en vantent-ils, mais sans
foi ni loi et toujours prêts pour quelque basse besogne.
Une galerie du Palais de Folco
conduisant aux
appartements principaux
Sérieusement
ébranlée, la belle
confiance de Viclinda et Giselda, quant à l'état
d'esprit de Pagano, a fait place au doute et à la peur.
Alarmé par des fruits de pas qu'il entend autour de lui,
Arvino confie aux deux femmes le soin de veiller sur Folco, lequel doit
justement passer la nuit chez son fils. Arvino sort pour essayer de
déterminer ce qui se passe ; Viclinda et Giselda implorent
la Vierge et quittent le plateau. Surgissent Pirro et Pagano. Certain
que son frère s'est déjà
retiré pour la nuit. Pagano pénètre
chez lui, le poignard à la main et la rage criminelle au
coeur. Pendant ce temps, Pirro constate avec stupéfaction
que ses hommes ont mis le feu au palais. Il dégaine son
épée et se précipite pour voir comment
les choses évoluent. Entraînant une Viclinda qui
résiste désespérément,
Pagano revient et se rit des appels à l'aide de sa victime :
"Il n'y a personne pour écouter". Mais
voici Arvino criant : "Moi, je t'écoute !".
Pagano considère, d'un air hagard, sa lame
dégoulinante de sang. Arvino lui apprend qu'il vient
d'assassiner son père. Pendant ce temps là, la
foule s'est rassemblée. Des voix
s'élèvent qui condamne le parricide à
un nouvel exil. Le rideau tombe sur cette scène d'horreur et
de désolation.
Acte 2
L'homme
de la caverne
Une
salle du Palais d'Acciano à Antioche
Les ambassadeurs informent leur maître de
l'arrivée imminente des Croisés lesquels,
précisent-ils, se conduisent en envahisseurs et
sème la ruine sur leur passage. Mais Allah punira ces
perfides et, brûlant d'une même ardeur, son peuple
les détruira. Tout le monde se retire. Arrivent Sofia, femme
d'Acciano, secrètement convertie au christianisme et son
fils Oronte. Celui-ci évoque son amour pour Giselda, la
jeune chrétienne prisonnière dans le harem du
tyran. Sofia approuve cette passion car elle voit là le
chemin qui mènera son fils vers la religion du Christ. Aussi
exprime-t-elle sa joie lorsque Oronte lui confie qu'il a
été bien des fois tenté de se
convertir. Car, ajoute-t-il, il ne peut y avoir de vrai Dieu que celui
que cet "ange adore".
Dans le désert, une
montagne dans
laquelle s'ouvre une caverne
L'Ermite qui vit en ce lieu tend l'oreille,
cherchant à
déceler des bruits de combat. Il a hâte d'entendre
retentir le "Dieu le veut" des Croisés
arrivant pour reprendre les Lieux Saints aux infidèles.
Voyant approcher un musulman, l'Ermite veut disparaître au
plus vite dans sa caverne mais le nouveau venu le supplie, lui dont les
vertus sont connues de par le vaste monde, de lui dire quel pardon il
peut espérer ici-bas. Dévoilant sa
qualité de Lombard, Pirro, car c'est de lui qu'il s'agit,
confesse ses crimes ; il a prêté la main
à un parricide, renié sa foi par couardise et
offert ses services aux infidèles. Au point que les murs
d'Antioche sont confiés à sa garde. Tandis qu'au
loin, mais de plus en plus rapprochées, sonnent les fanfares
des Croisés, l'Ermite fait entrer Pirro dans sa caverne et
lui déclare que pour le rachat de ses
péchés il devra livrer la ville à ses
compatriotes. Pirro jure d'ouvrir, cette nuit même, un
accès dans les murailles impies. Profondément
bouleversé parce que les Croisés qui arrivent
appartiennent au contingent lombard, l'Ermite laisse Pirro dans sa
caverne et sort, avec son casque et son épée.
Pendant ce temps, l'armée des Croisés,
précédée par Arvino, se
déploie sur la montagne. L'Ermite boucle la courroie de son
arme et abaisse sa visière. Apprenant qu'il est bien celui
que l'on nomme "l'homme de la caverne", Arvino lui demande de prier
pour le succès de leur cause. "Sais-tu l'homme que
tu invoques ?" interroge l'Ermite. "Oui"
répond Arvino car "tous parlent de toi, on raconte
partout dans ce pays que Dieu se manifeste à ta foi."
Arvino ajoute que sa fille a été
enlevée par les musulmans et qu'il a tenté, en
vain, de la délivrer. L'Ermite lui donne l'assurance qu'il
la reverra. Aux soldats lombards, il annonce que cette nuit
même ils pourront dresser leurs tentes à
l'intérieur d'Antioche, à la seule condition de
le suivre avec confiance. Anticipant sur la victoire, tous ceux
présents attaquent un hymne de réjouissances.
Le harem d'Acciano
Un chœur de femmes évoque la
bonne fortune de
Giselda, la "belle étrangère", qui
règne sur le cœur d'Oronte. Pourquoi a-t-elle
quitté la maison de ses pères ?
L'insensée assistera bientôt au massacre de sa
famille et de ses compatriotes. Cessant brusquement chants et danses,
les femmes se retirent et Giselda se met à prier. Tandis
qu'elle implore sa mère au ciel, des cris de terreur se font
entendre. Pourchassés par les Croisés, des
soldats turcs traversent la scène. Surgissant à
son tour, Sofia apprend à Giselda qu'un traître a
guidé l'ennemi dans la place et que son époux et
son fils ont été massacrés. "Tiens,
voici le furieux qui les a tués !"
s'écrie-t-elle en voyant apparaître Arvino suivi
de l'Ermite et des Croisés. Arvino veut embrasser sa fille.
Celle-ci le repousse avec horreur car elle aimait Oronte. Au bord de la
démence, elle déclare que Dieu n'a jamais voulu
un tel carnage. "Non, Dieu ne le veut pas !" hurle
Giselda sui, nouvelle Cassandre, prophétise sur les malheurs
futurs des peuples d'Europe. Rendu furieux par ce qu'il
considère comme un sacrilège, Arvino veut tuer sa
fille. Mais l'Ermite et les autres personnages le retiennent ; la
pauvre n'a-t-elle pas perdu la raison ?
Acte 3
La
conversion
Dans
la vallée de Josaphat, entre Jérusalem et le Mont
des Oliviers
Croisés et pèlerins chantent
les
beautés de la cité promise et rappellent les
fléaux qui se sont abattus sur les Lieux Saints. En
s'éloignant, ils prédisent, en outre, la venue
prochaine des invincibles guerriers libérateurs. Entre
Giselda, seule. Ayant fuit le camp paternel dont
l'atmosphère l'oppressait, elle erre maintenant dans le
désert et se lament sur ses pensées qui ne sont
qu'amour. A sa grande stupéfaction, Oronte qu'elle croyait
mort se présente sous le costume lombard. Il la prend dans
ses bras et lui raconte que le fer d'Alvino n'a fait que
l'étourdir. Animé par le seul désir de
la revoir avant de mourir, il a tout abandonné pour la
retrouver, Giselda lui avoue son amour et se déclare
prête à partager sa destinée, quels que
soient les dangers qui le menacent. Elle dit adieu aux tentes lombardes
tandis qu'Oronte mais l'accent sur ce que l'un et l'autre abandonne
pour satisfaire à leur mutuelle passion. Des cris de guerre
retentissent au loin. Les deux amoureux s'enfuient.
Dans la tente d'Arvino
Arvino donne libre cours à sa fureur et
maudit sa fille
sacrilège. Des chevaliers viennent l'informer de la
présence de son frère Pagano dans le camp des
Croisés. Chacun se demande ce que l'infâme
assassin vient y faire. Mais n'est ce pas là un signe du
ciel et le temps de la vengeance n'est-il pas venu ? Emporté
par la colère, Arvino se met lui-même à
la recherche du parricide pour le transpercer de son
épée.
Une grotte, dans le fond les rives du
Jourdain
Giselda soutient Oronte blessé et l'aide
à
s'étendre sur une pierre. Oronte sent que sa fin est proche
mais Giselda s'accroche à l'espoir insensé que
les soins qu'elle lui donnera le ramèneront à la
santé. Hors d'elle-même, elle invective le Dieu de
son peuple et lui reproche de lui avoir ravi sa mère, de lui
réserver des jours funestes et, maintenant, de lui enlever
son amour, son seul réconfort. Arrive l'Ermite. "Qui
accuse Dieu ?".interroge-t-il. Cet amour est un crime,
ajoute-t-il, mais il peut mener à une vie nouvelle si Oronte
accepte de se convertir. Oronte y consent effectivement avec
enthousiasme et l'Ermite va puiser de l'eau du Jourdain. Tous les trois
se réjouissent mais, sentant ses dernières forces
décliner, Oronte dit à Giselda qu'il l'attendra
au ciel et meurt. Pendant que le rideau tombe l'Ermite prononce des
paroles d'espérance et assure à la jeune femme
qu'un jour, parmi les anges, son amour trouvera sa
récompense.
Acte 4
Le
Saint Sépulcre
Une grotte
Giselda endormie rêve que des esprits
célestes lui
ordonnent d'être joyeuse parce qu'une âme est
montée au Ciel. "Viens. Qu'il te soit
donné de partager ces délices." Se
levant, toujours endormie, elle voit Oronte et s'étonne
qu'il ne lui parle pas, Oronte lui dit alors que le seigneur a entendu
sa prière 'Va, dit aux tiens de garder l'espoir car le
courant de Siloé leur apportera ses eaux bienfaisantes." La
vision disparaît. Giselda se réveille et
s'interroge sur la signification de rêve ' Ce n'est pas
seulement un rêve," décide-t-elle, mais
l'annonce de la victoire future des Croisés.
Le camp lombard près du
tombeau de
Rachel
Déprimés,
épuisés,
Croisés et pèlerins reprochent au Ciel de les
avoir arrachés aux plaines verdoyantes de Lombardie pour les
amener dans ce désert aride. Des cris retentissent au
dehors; on a découvert un point d'eau. Pour Giselda qui
vient d'enter, il est certain que le Seigneur a
écouté la prière des
affligés. Tous se désaltèrent
à la source bienfaisante. Maintenant Arvino est
sûr que, ayant étanché leur soif, les
hommes ne seront pas les derniers à escalader les murs de
Jérusalem. Ils pourront ainsi surprendre les musulmans. Le
choeur chante la guerre et la victoire prochaine.
Dans la tente d'Arvino
Bruits de bataille au dehors. Arrive l'Ermite,
mortellement
blessé, soutenu par Giselda et Arvino. Ce dernier l'installe
aussi confortablement que possible. Giselda remarque son
état désespère. Dans son
délire, l'Ermite interroge : "Qui
êtes-vous ?" Arvino lui rappelle son nom et c'est
alors que, graduellement, l'Ermite révèle qu'il
est Pagano le parricide, celui qui, par deux fois, a voulu assassiner
son frère. Que celui-ci ne le maudisse pas, implore-t-il.
Mais au contraire, Arvino pardonne du fond du coeur. Maintenant Pagano
souhaite contempler une dernière fois la ville sainte. Des
rideaux s'écartent, révélant une
Jérusalem baignée par le soleil du matin avec les
bannières de Croisés sur les remparts. "Part
heureux", dit Giselda "Tu verras, au sein du
Seigneur, mon époux bien aimé et ma
mère." Tandis que Pagano mourrant murmure une
dernière prière au Dieu
miséricordieux, un chant d'action de grâces,
entonné par les Croisés victorieux,
s'élève au Ciel.
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